Les Kwese

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1) LOCALISATION.

Les kwese se retrouvent à la fois dans le distict de Kwango précisement dans le territoire de Feshi, ainsi que dans le district de Kwilu dans les territoires de Bulungu et de Gungu.

La région Kwese est comprise entre 5°40' et 6°30' de longitude Est, et entre 18° et 19° de latitude Sud. L'altitude est située entre 500 et 800.

Des plateaux herbeux et des vallées forestières composent sa végétation. Les rivières Kwenge, Diari, Kwilu, Lutshima, Kalumbu, Kabanji, etc. arrosent le territoire.

Un climat tropical humide et une dimunition des précipitations annuelles avec augmentation des amplitudes thermiques, une saison sèche de 3 à 4 mois de juin à septembre, caractérisant la région.

c'est le domaine de la savane boisée à galérie forestière le long des fleuves. C'est (aussi) la forêt claire. La nature du sol -très fertille- varie selon les saisons.

2) HISTORIQUE.

L'histoire rapporte que les Bakwese sont venus de l'Ouest. Ils firent partie du Royaume Lunda-Kasanji. Ensemble avec les Pende du Kwango, ils chassèrent les Pindi et les Mbuun d'un côté, les Cokwe (lisez Tshiokwe) de l'autre et occupèrent leurs terres.

D'abord, ils connurent l'oppression des Lunda puis ils devinrent les sujets du Chef des Bayaka. L'influence Yaka est très manifeste dans la culture Kwese notamment dans la musique.

Leurs principaux voisins sont les Mbala, Ngongo, Mbuun, Pende, Soonde, Suku, Cokwe, Lunda, Tsamba et Hungana.

Le peuple Kwese est estimé à plus ou moins 40.000 âmes, régroupés autour de quelques agglomérations principales telles que: Kikwit, Gungu, Kikombo, Kingandu, Bulungu,...

 

 

 


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3) ORIGINE, ORGANISATION SOCIALE ET CULTURELLE.

C'est aux frontières de l'Angola, en territoire Lunda, terre occupée par les Cokwe, qu'il faut situer l'origine des Kwese- lieu dit "N'Gola" étant probablement une déformation du mot Angola.

Il s'agissait, en fait, d'un groupement de plusieurs ethnies: Kwese, Pende, Soonde notamment. Parvenus à Mashita-M'Banza, ces groupes se sont séparés, les Pende vers le Kwilu, les Soonde sur les rives de la Lutshima, et les Kwese en aval de la même rivière. Malgré cette séparation, ces groupes sont restés très prochent quant à leur culture. Ce mélange des ethnies, à l'origine, explique les liens qui les unissent encore de nos jours.

Le peuple Kwese est régi par la filiation matrilinéaire. Le clan est le sommet du groupement social. Il est (le clan) constitué par un ensemble de lignages. Les chefs de lignages sont des chefs de terres. Ils autorisent les brûlis pour les champs. Quant à la première femme du chef, elle décide des terres qu'on doit laisser en jachère.ll

Les Kwese désignent les Lunda comme leurs "grands-parents" (ba-nkaka en langue Kikongo) et les Pende et les Soonde comme des "frères". Leur relation aux Tshokwe est plus importante encore : le droit d'ingérence dans les affaires personnelles part du principe que "tout ce qui est à toi est à moi".

Le "fondateur" du groupe Kwese, d'après les récits des palbres coutumières, serait Kahuha-M'bangi, qui aurait conduit le groupe jusqu'aux rives de la Lutshima. Personnage mythique s'il en fut, Kahuha-M'Bangi est considéré comme un thaumaturge, ayant, entre autres, laissé les marques de son pied sur le rocher du village de M'Banza avant de disparaître peu avant l'arrivé des premiers Blancs dans la région.

  • 3.1. Musique traditionnelle des Kwese.

Ce mélange des ethnies à engendré un rythme musicale très spécifique chez les Kwese. L'antropologie de la musique des Kwese nous plongent dans des mélodies endiablées tant ils chantent très bien.

Nous ne savons évidemment pas ce qu'étaient les traditions des Kwese à l'origine.

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Actuellement, nous pouvons constater l'inexistence en pays Kwese des rituels essentiels aux différentes ethnies de la région (Pende et Tshokwe) : rituel du passage à l'âge adulte chez les garçons mungonge ou rituel féminin du ghiwila. Seule la circoncision mukhanda est encore pratiquée chez les Kwese. Quant au ghiwila, seules quelques danses en témoignent, mais comme simple divertissement.

Mais le plus remarquable est sans doute l'avatar du tambour à friction Kpwita : son grognement évoquant la voix du Léopard, il symbolise par le fait même celle du chef et est dès lors strictement réservé aux hommes qui seuls peuvent l'utiliser. Or, chez les Kwese, ce sont tout particulièrement les femmes qui en ont l'usage au point de concéder que les hommes puissent parfois jouer!

Les Kwese ont cependant conservé leurs traditions grâce au système de palabres évoquant "l'histoire" de l'ethnie, qui constituent un label de reconnaissance : notamment pour l'organisation de funérailles coutumières, comme on a pu le vérifier à l'occasion du décès du chef de Ngonge-Muluba. 

  • 3.1.1 Musique collective.

Dans le chant collectif, ce sont les ensembles mixtes qui paraissent avoir la préférence. Même dans les chants de type rituel initiatique, tel le ghiwila, où ils ne devraient normalement pas intervenir, les hommes prennent une part active. La raison est peut-être à trouver dans le fait qu'actuellement de telles danses rituelles sont, en réalité, devenues de simples danses de divertissement.

La polyphonie des Kwese se résume à un accompagnement de la mélodie à la tierce supérieure, ce qui est commun à l'ensemble des ethnies de la région. Très rares sont les passages à plus de deux voix. L'échelle des sons comprend un tétracorde de type modal, et également quelques pentacordes. La forme musicale préférée est la forme responsoriale. Assez rares, cependant sont les alternances solo-choeur, le couplet (ou verset) étant plutôt assuré par un petit groupe que par une seule voix, et le répons par l'ensemble.

  • 3.1.2. Musique individuelle.

L'importance du chant en "solo" chez les Kwese constitue certainement le fait le plus remarquable. Ces chanteurs individuels s'accompagnent ordinairement d'un instrument de musique : arc musical, sanza, xylophone.

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Il n'est pas rare, cependant, de voir deux ou trois personnes se joindre au chanteur instrumentiste, le reste de l'assemblée se cantonnant au rôle de simple auditeur. Ces chants sont souvent des complaintes, parfois des chants satiriques. Ils mènent rarement les auditeurs à danser.

  • 3.1.3. Organologie.

Bien que relativement moins riche que celui de leurs cousins Pende et Tshokwe, le patrimoine organologique Kwese présente une intéressante diversité d'instruments.

Le parent pauvre en la matière est la catégorie des cordophones dont l'unique représentant est l'arc musical lungungu constitué d'un arc flexible que tend une liane en raphia. Pourvu d'une demi-calebasse en guise de résonateur, l'arc musical est frappé au moyen d'une baguette ou même d'une tige rigide en paille utilisée dans les toitures.

Les aérophones comportent essentiellement des sifflets utilisés pour la chasse, le musembo, sifflet en corne d'antilope à 2 tons, le mukamba-wa-kongo du même type, fait en bois, et le gasembo-a-ngadi, à 2 tons, également en bois.

La Kiphanana, petite trompe en ivoire, est réservée à certains chefs tels ceux de Ngonge, Kindembe, Mbinga, etc., le chef de clans ainsi qu'aux chefs de terres. Elle fait partie des "régalia", objets de pouvoir réservés aux autorités.

La troisième catégorie comprend les idiophones, qui se répartissent en fonction de leur mode d'utilisation.

Les Bisaka (du verbe kusaka: faire taire un enfant) sont des hochets de calebasse remplis de graines et de petits cailloux et autres bruiteurs. Les Sashi sont des sonnailles en coque de fruits fixées en grappe sur les poignets et les chevilles des instrumentistes (tambourinaires).

Les Xylophone madimba, nom emprunté aux Pende, comporte 17 touches pourvues d'une calebasse de résonance, munie de petits résonateurs en cocons d'araignée. La plupart de madimba des chefs dateraient du début du XXe siècle. Les touchessont réparties en touches aigues (nzekese = petit doigt) et touches graves (ndume = pouce, ou gros doigt).

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Un autre idiophone commun à plusieurs ethnies de la région est le Mukhamba, long bois sur lequel on frappe à la fin du rituel de circoncision.

Le Mondo, également réservé aux chefs, estun tambour à fente monoxyle. Fait en mubungu, bois assez dur, ses deux lèvres de part et d'autres de la fente ont une épaisseur différente donnant ainsi à l'instrument deux tons : le plus grave mukhetu, ton de la femme, et l'autre, plus aigu wayala, ton mâle ou ton de l'homme. Cette inversion de tons s'explique par le fait que coutumièrement l'homme ayant la priorité sur la femme, les symboles de cette priorité se retrouvent dans tous les domaines y compris la musique : l'aigu étant "au dessus" du grave, la voix aigue est logiquement celle de l'homme.

En dernier lieu viennent les membranophones représentés par trois types : le ngoma ijima (tambour ancêtre ou grand tambour) tambour à une peau, de forme tronconique à base évasée, à voix grave et pourvu d'une épaisseur de résine au milieu de la peau. Les tambours à voix plus aigue le mungungi ou kavungilu ainsi que le banda-banda ne possèdent pas de résine.

L'usage du tambour à friction kpwita, est décrit plus haut.

Il faut ajouter des instruments récemment fabriqués et utilisés par les enfants : les tambours-en-terre kamandonda. Généralement au nombre de 6 ou plus rarement 7, ils sont faits avec des boîtes de conserves recouvertes d'un morceau de chambre à air, et disposés de façon très précise dans la terre. Chaque tambour a un nom particulier : le plus grand se nomme luder (premier), les deux plus petits gitego se trouvant aux deux extrémités.

Pour le tambour à fente mbuli-mbanga (le mondo des adultes), les enfants utilisent généralement un morceau de bambou fendu en longueur entre deux noeuds.

Ci-dessous quelques rythmes musicaux Kwese et leurs significations:

  • 1) Mondo, Les messages sont tambourinés au mondo. Souvent avec une longueur de 45 cm et un diamètre de 30 cm. C'est un appel à la guerre, ou de la convocation du village à l'occasion de la venue des étrangers.
 
  • 2) Danse des masques. Ancienne danse de type rituel, actuellement de simple divertissement comme c'est le cas pour les danses mungonge et ghiwila, la danse des masques s'accompagne de trois tambours : le ngoma ijima, le mungongi et le banda-banda.

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Ce sont souvent des mighishi wa phogo ou des minganji, revêtus entièrement d'un costume en raphia, adultes et enfants, qui exécutent ses danses.

  • 3) Chants traditionnels de jumeaux. Cette danse collective interprétée par les femmes suit une danse de deuil, le mungombo. Elle fait allusion à la mort de jumeaux, d'où l'énumération des noms des jumeaux décédés suivis des noms de jumeaux vivants. L'accompagnement est confié à trois tambours : le ngoma ijima, le mungongi et le banda-banda.
 
  • 4) Lungungu 1 & 2. Instrument fabriqué pour la circonstance : la corde est une liane de forêt dibondo d'une longueur de 80 cm. Une petite calebasse sert de caisse de résonance. Danse de divertissement, Senda gwayi est interprété par un chanteur accompagné à l'arc musical Lungungu : "Toute chose t'appartient ! Ne m'oublie pas, je te rendrai tout." L'autre arc musical lungungu, fabriqué et joué par les Kwese, est fait d'un fil d'acier d'une longueur de 140 cm pris d'un câble de frein ou de pneus, tendant un arc de branche d'arbre ngilo. À une extrémité de l'arc un morceau de marmite en terre sert de tendeur. Une petite calebasse est fixée sur l'autre extrémité de l'arc. L'instrumentiste frappe l'arc au moyen d'une tige de paille lusoka qui sert à la construction des cases. Le musicien se limite à des complaintes à l'occasion de deuils ainsi que des complaintes personnelles.
 
  • 5) Kpwita. Le tambour à friction, fabriqué au village, est en bois musokwa d'un fût d'environ 30 com de long et d'une diamètre de 20 cm recouvert d'une peau de chèvre clouée, au centre de la peau est fixée une tige de liane nkodi que l'instrumentiste actionne avec les mains mouillées. Le kpwita est utilisé chez les Kwese comme instrument de danses semi-collectives mais jamais pour des rites d'initiation.
 
  • 6) Mikunga, épopée Kwese. Récit "parlé-chanté" de l'origine des Kwese, de leurs migrations depuis N'Gola jusqu'à Kamashitu-Mbanza (ou Mashita-Mbanza), actuellement site archéologique. Les mikunga, interprétés par les chanteurs, sont à la fois des récits de palabre illustrés de proverbes, chantés et répétés par la foule dans de courts répons.
 
  • 7) Madimba 1 & 2. Le xylophone est souvent un instrument de 17 touches soigneusement entretenu. Il sert aux chants adressés aux Anciens (Ya Bambuta). Dans la cour du chef, une audition du xylophone avec chants de femme est utilisé en l'honneur de la visite des étrangers. 

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Le choeur de femmes alterne avec un solo également féminin et un danseur se joint au choeur pour des chants de simple divertissement.

  • 8) Kamandonda 1 & 2. Danse d'enfants. Dans ces chants de divertissement sur des textes improvisés, se glissent parfois des thèmes à caractère satirique ou autre exécutés sur une musique populaire de type "métissé". Les Kwese interrogés nous ont signalé que la danse kamandonda avait été importée de chez les Ngongo, peuple de la Région du Bandundu également, dont le territoire se trouve en bordure de la rivière Inzia. Mais personne n'a pu nous certifier que les tambours-en-terre avaient également été empruntés aux Ngongo.
 
  • 9) Ghiwila 1 & 2. Théoriquement danse rituelle féminine, commune à toute la "mouvance" Lunda (Pende, Tshokwe, Lunda, Soonde et Kwese) elle est, chez les Kwese, tombée en désuétude sur le plan rituel et constitue maintenant la danse essentielle de divertissement des femmes. Elle est accompagnée des tambours ngoma ijima et mungungi.
 
  • 10) Danse funéraire 1 & 2. À l'occasion du décès du chef Muluba Kumidia-mata, les habitants du village Ngonge-Muluba exécutèrent plusieurs danses funéraires accompagnées par deux tambours ngoma ijima et gavungilu et un tambour sur cadre tambu-tambu, tambours théoriquement obligatoires pour toutes les manifestations populaires telles que fêtes, divertissements, funérailles, etc., de plusieurs hochets bisaka et d'un sifflet importé. Ces danses sont exécutées après le décès au moment où le corps est exposé tout au long de la journée. La veillée mortuaire matanga qui consiste en un certain nombre de danses spécifiques débute vers 20 heures et s'ouvre par une sorte d'appel du mondo.
 
  • 11) Complainte. Celle-ci est chantée et accompagnée d'un xylophone madimba à l'occasion du décès d'un chef, Elle est exécutée pendant la nuit, et dansée, comme le veut la tradition, autour du catafalque du défunt. Des battements de mains des femmes pontuent cette danse.
 
  • 12) Ngwaka.Un soliste et un groupe d'hommes exécutent cette musique de deuil et de divertissement accompagnés de deux tambours ngoma ijima et mungungi.

  • 13) Danses (autres). Le village de Ngonge-Muluba est certainement l'un des villages qui ont gardé un patrimoine musical particulièrement intéressant.

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Outre la grande danse de deuil comme le ngwaka, des danses caractéristiques de divertissement ont été jouées telles le gawanda, danse féminine destinée à la guérison d'un homme malade à la suite de soucis. De même la danse mwanda bilanga est elle une satire de ces hommes qui ne travillent pas beaucoup aux champs bilanga !

  • 3.2. La langue.

Les Kwese parlent le Kikwese. Elle est classée dans le groupe linguistique H.53. dans la classification de Guthrie.

  • 3.3. L'Art.

Les masques Kwese sont caractérisés par une concavité faciale, lesquels expriment "un calme" irrémarquable chez leurs voisins. Les oeuvres Kwese connaissent une influence remarquée de par leur style et leur type: les pièces sont dotées des yeux semi-clos, trois lignes sous les yeux.

Les représentations tellesque, le chef, la matérnité (Kibula), les fétiches de pouvoir placés sur des petits autels, les pieux, etc. dominent la statutaire Kwese et régionale tant ils sont stylés.

La plupart des masques Kwese ont un visage en forme de "coeur" qui leurs procurent cet aspect de calme profond, et lorsqu'ils ne sont pas portés (utilisation rituelle: initiation, circoncision...) ils sont gardés dans des cases à "fétiches" où des offrandes leurs sont offertes.

Une autre variété de masques: double marques (avec 2 têtes superposées), masque facial, masque en cloche, comme chez les Suku, masque initiatique, masque en cloche avec crête médiane, masque en fibre.

  • 3.4. Croyances.

Ce peuple- reputé très intelligent- croît en un être suprême "Nzambi" mais ne lui adresse pas de culte. Le culte des ancêtres, le seul qui y est pratiqué avec une importance limitée. Les Kwese rendent un culte aux esprits des morts dans l'espoir que ceux-ci peuvent intercéder pour eux auprès des "dieux" et protéger les familles contre les forces du mal. Ces cultes sont plus populaires.

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4) ORGANISATION POLITIQUE.

Les Bakwese vivent en concentration lignagère dans des villages autonomes. Trois chefs chapautes le sommet de leur hiérarchie. Chacun dirige un groupe de quelques chefs de terres sous sa dépendance. Ces chefs de terres remplacent les délégués territoriaux qui reçoivent les rapports des villages. Les autres chefs de clan -lignages- obtiennent un échange de leur tribut, le kaolin royal.

5) ORGANISATION ECONOMIQUE.

L'agriculture, la chasse et la pêche constituent le gros des activités économiques des Kwese. Le procès de production agricole connaît ou entraine la division du travail. Les hommes déboisent et brûlent les champs tandisque les femmes s'occupent de la culture et de l'entretien. Leurs principales cultures pratiquées sont: le manioc, le millet, les céréales, le plantin. En demi-mésure le maïs.

Les hommes pratiquent occasionnellement la chasse à l'arc ou au fusil. Ils s'adonnent à la pêche et aux pièges des gibiers et des petits rongeurs.L'artisanat porte sur la poterie, la fabrication des masques, le tissage en raphia et le forge.

6) BIBLIOGRAPHIE.

  1. GYAGUGAMBA, "Valeur morale et didactique des contes, devinettes et des citations chez les Kwese de Kikwit", 1993.
  2. Jos Gansemans, Antologie de la musique congolaise (RDC); Musique des Kwese, vol.6, Musée royal de l'Afrique centrale. 


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